Archive dans 5 janvier 2019

Regard critique sur les logiciels de modélisation BIM

La maquette numérique reste un élément important dans un processus BIM. Elle est le support des informations géométriques et non géométriques du projet. Vous avez certainement entendu les producteur de logiciels, notamment de modélisation dire qu’ils font du BIM depuis plus de 20 ans. Cela est en parti vrai mais nous avons le devoir de se poser la question de comment ces logiciels pouvaient faire du BIM avant l’avènement du BIM lui-même ? Sont-ils en adéquation totale avec le BIM tel qu’il est entrain d’évoluer ?

Après avoir testé différents logiciels de modélisation dit orientés BIM nous devons faire un certain nombre de constats.

Le premier concerne leurs capacités à créer des fichiers IFC. Nous avons constaté que les producteur de logiciels de modélisation cherchent à adapter l’IFC à leurs logiciels et non pas l’inverse. Cela fait que chaque logiciel a sa propre interprétation de l’IFC quel produit et cela participe aux problèmes d’interopérabilité entre des logiciels différents. Même les viewers que nous avons testé affichent de façon différentes les maquettes numériques IFC, qu’elles proviennent d’un logiciel ou d’un autre. Nous ne cherchons pas ici à mettre en avant un logiciel par rapport à un autre au niveau de l’IFC mais bien d’identifier un problème dans l’interprétation du format en question. Il est important que les producteur de logiciel de modélisation proposent des ajustements de leurs produits par rapport à la structure de l’IFC et non pas l’inverse. Il est clair que commercialement cela ne présente pas d’intérêt immédiat pour eux mais à plus long terme cela favorisera les échanges dans un format standard et correctement. A moins que ce ne soit pas dans leurs projets.

La deuxième problématique se pose au niveau de la modélisation elle-même en orienté objet. Ces logiciels proposent des outils de modélisation très performant et qui permettre sans doute de gagner du temps dans le dessin 3D. Ceci dit, cela implique un « assistant caché » qui produit de manière automatique certains éléments. Il donne aussi l’impression de mieux gérer les composants de chaque élément constructif. Ce n’est pas toujours le cas. Souvent la maquette enregistre une information non géométrique comme une information géométrique, ou considère un élément en 2D comme étant un élément en 3D. Rare sont les logiciels qui donnent « à voir » ce qu’il y a de réellement dessiné en 3D comme étant un « objet ». Cela participe forcement à de mauvaises interprétations de l’IFC produit à partir de ces maquettes numériques.

Toutes ces situations problématiques sont l’héritage de logiciels qui justement travaillaient en orienté objet avant leur utilisation dans un processus BIM. Nous pouvons facilement imaginer que les préoccupations commerciales sont à l’origine de ce développement et il faut donc toujours avoir une posture critique vis-à-vis des politiques de développement de ces logiciels.