Archive dans 8 janvier 2019

Les enjeux du BIM pour les architectes

Au-delà du phénomène de mode que représente le BIM sous sommes face à un nouveau paradigme en terme d’architecture. Faire de l ‘architecture au travers de ce nouveau paradigme bouleverse nos façons de l’aborder mais pa tant que ça. qu’est-ce que le BIM finalement? Pour le moment, notamment dans le monde professionnel, cette notion est expliquée principalement par les développeurs de logiciels d’architecture. Il est important, pour les architectes, de bien comprendre que le BIM n’est pas un logiciel mais tout un processus qui tourne au tour d’une maquette numérique dont les acteurs sont multiples et qui concerne l’ensemble des étapes de conception et réalisation d’un projet d’architecture. Il ne s’agit donc pas de simplement s’équiper d’un logiciel. Si le BIM devient et deviendra incontournable c’est aussi parce qu’il apporte de nombreux avantages. Ceci dit il engendre aussi pas mal de bouleversement dans les bureaux d’architecture, grands et petits. Il faut donc bien s’y préparer. Comme toute nouvelle façon de faire, sa mise en place demande un investissement concéquent, que ce soit en termes de temps, d’argents ou de formation.

Qu’est ce que le BIM ?

Le BIM est donc un processus qui gère une maquette numérique dans la phase de conception du projet et dans sa phase de réalisation. Il associe diffèrent acteurs qui vont participer à la réalisation de la maquette numérique dans toutes les phases importantes du projet. Ces acteurs doivent donc pouvoir implémenter et échanger des informations importantes sur le projet. Cette maquette numérique est une copie ( un clône) numérique du bâtiment qui va être réalisé, elle permet de simuler la construction mais aussi de vérifier la bonne superposition de l’ensemble des éléments dessinés, ce qui permet des gains de temps et d’argent lors de sa réalisation.

Le BIM n’est donc pas un outil spécifique aux architectes mais nous y avons un rôle important à jouer. Pourtant nous sommes quasi les derniers dans le monde de la construction à l’aborder. Dans l’avenir le BIM va permettre d’élargir, de créer de nouveaux métiers, dont l’architecte peut s’y intéresser et s’y investir. La nouvelle figure professionnelle de BIM-manager est l’une des situations dans laquelle l’architecte peut y jouer un rôle. Le BIM-manager est la personne qui genre la maquette numérique lors de sa réalisation et coordonne les transferts de données entre les différents acteurs du projet. Il vieille à ce que le modèle soit le plus correcte possible et évite les problèmes de collision d’information provenant de différents bureaux d’étude. Il doit donc avoir une bonne connaissance des processus, des logiciels et du rôle de chaque utilisateur. Les architectes y trouveraient une mission valorisante et intéressante.

Il faut savoir aussi que le BIM n’est pas apparu du jour au lendemain. Cette notion a été longtemps l’affaire des ingénieurs et des chercheurs. Si aujourd’hui il est devenu un sujet d’actualité sorti du giron des universités c’est simplement parce que certains pays ont parié sur son utilisation et ont mis en place les conditions pour le faire.

Le BIM, une obligation ?

Des résultats d’enquêtes ont démontré qu’un projet élaboré avec le processus BIM permettait de réaliser des économies substantielles dans la conception mais aussi et surtout dans la réalisation des travaux. L’Angleterre estime une économie de temps et de coût de l’ordre de 20%. C’est essentiellement pour cette raison que la commission européenne à éditer une directive (directive européenne 2014/24/EU) sur la passation des marchés publics) qui pousse l’ensemble des pays de l’union à intégrer ce processus dans les appels à marchés publics.

Avec des niveaux d’évolution différents, chaque pays de l’Union Européenne est entrain de mettre en place des conditions d’intgration de cette nouvelle façon de faire et de construire, les précurseurs étant l’Angleterre, la Norvège, et la Finlande, suivis de près par les allemands , les français et les Luxembourg.

Les enjeux, au niveau constitutionnel sont donc importants en Belgique. Pour l’instant peu de choses sont mise en place chez nous. Il est donc encore temps que les architectes s’y intéressent de près pour être des acteurs importants dans sa mise en place. L’enjeu est double pour nous ; si un architecte belge souhaite répondre à un appel à marchés publics européen dans l’avenir il devra être prêt à démontrer ses capacités à travailler dans le cadre d’un processus BIM, et si la Belgique met en place ce processus il faut aussi s’y préparer parce que les bureaux provenant d’autres pays européen risquent d’être plus à même de répondre aux nouvelles conditions de marchés publics belges.

Quel logiciel ?

La question du logiciel finalement (mis à part l’investissement financié qu’il peut représenter) est secondaire puisqu’il existe maintenant un format de fichier universelle qui permet à tous les logiciels BIM de récupérer l’ensemble des informations intégrés dans la maquette numérique, se format est l’IFC (pour Industie Foundation Classes). Développé par un consortium d’entreprise du bâtiment et de développeurs de logiciel « BuildingSmart ». Il n’y a donc pas lieu penser qu’il faut absolument tel ou tel logiciel, il faut faire le choix suivant les outils que celui-ci propose par rapport à une manière de faire propre à l’architecte. Le plus important c’est de mettre en place les conditions de collaboration dans son bureau au tour de la maquette numérique et voir dans quelle mesure adapter sa façon de travailler.

Qu’apporte en plus le BIM ?

Au-delà de la conception et de la réalisation d’un projet, le BIM permet la production d’un as build en maquette numérique fidèle à la construction et intégrant l’ensemble des données de chaque équipe le composant. Cela a suscité chez certain maitre d’ouvrage la volonté de faire des maquettes numérique BIM pour l’ensemble de leur parc mobilier pour des questions facilité dans la gestion et donc des économies conséquentes à long terme.

Là aussi les architectes pourront devenir des acteurs importants dans la gestion de ces maquettes numériques, compétences recherchées par déjà pas mal de maitres d’ouvrages.

En conclusion

Il est important pour nous de considérer le BIM comme un nouveau mode de fonctionnement qui peut nourrir la profession et l’enrichir, d’où l’importance de former les futurs architectes à la connaissance du processus BIM plus qu’au maniement de logiciels.

La marche vers le BIM est un cours et nous avons tout intérêt à y être attentif et donner aux architectes une place importante de ce processus.